Rasoir de sûreté : ce qu'on ne vous dit pas avant les 3 premiers rasages

Mis à jour le 17 juillet 2026 · La vie est green

Un rasoir de sûreté, c'est un manche en métal, une tête qui se dévisse et une lame double tranchant de 4 cm qui coûte entre 3 et 10 centimes, contre 3 à 4 € une cartouche. Sur 5 ans, à trois rasages par semaine, l'écart tourne autour de 400 €. Ce que les boutiques passent sous silence : les trois premiers rasages coupent presque toujours. Ce n'est pas le rasoir, c'est le geste. On ne pousse pas, on ne repasse pas, on tient environ 30 degrés et on laisse les 60 à 100 g de l'outil travailler. Compter deux à trois semaines avant que ça devienne confortable. Si cet apprentissage vous rebute, ce n'est pas l'outil qu'il vous faut.

Qu'est-ce qu'un rasoir de sûreté, concrètement

Trois pièces : un manche en métal, une tête qui se dévisse, une lame double tranchant coincée entre deux plaques. Le mot « sûreté » remonte à la fin du XIXe siècle et se comprend par opposition au coupe-chou, où toute la lame est nue. Ici, une barre de sécurité limite la portion de fil qui touche la peau.

  • Une seule lame en contact à la fois, contre trois à cinq sur une cartouche moderne.
  • Pas de tête pivotante : c'est votre poignet qui suit le relief, pas un ressort.
  • Pas de bande lubrifiante ni de plastique jetable : la tête se démonte, se rince, se garde des décennies.
  • Lame standard double tranchant (4 cm environ), compatible entre marques : un rasoir Merkur accepte une lame Astra, Derby ou Feather.
« Sûreté » est un terme relatif

Le fil reste une lame de rasoir nue, à peine bridée par la barre de sécurité. C'est plus tolérant qu'un coupe-chou, pas plus tolérant qu'une cartouche. La barre de sécurité limite la coupure, elle ne l'empêche pas.

Pourquoi les 3 premiers rasages coupent

Un rasoir à cartouches se conduit comme une gomme : on appuie, on frotte dans tous les sens, la tête pivote et compense. Ce réflexe, accumulé pendant des années, est exactement ce qui coupe avec un rasoir de sûreté. Les trois premières séances servent à le désapprendre.

La cause est presque toujours la même : la pression. Un rasoir de sûreté pèse entre 60 et 100 g selon le modèle, et ce poids suffit à couper le poil. Dès qu'on ajoute la force du bras, la barre de sécurité ne joue plus son rôle et le fil mord la peau au lieu de la raser.

RasageCe qui arrive typiquementLa causeLe correctif
1erDeux ou trois entailles, souvent au menton et à la mâchoireOn appuie par réflexePoser le rasoir, ne rien ajouter, laisser glisser
2eÇa tire, ça arrache le poil au lieu de le couperAngle trop fermé, le manche colle au visageÉcarter le manche jusqu'à environ 30 degrés
3eIrritation et rougeurs sur le cou le lendemainRepassages multiples au même endroitUn seul passage par zone, remettre du savon si besoin
Deux à trois semaines, pas deux à trois jours

Le geste devient automatique après une quinzaine de rasages environ. Tant que vous êtes dans cette phase, gardez un rasage court : joues et mâchoire seulement, en laissant le cou pour plus tard. C'est la zone qui pardonne le moins.

Le geste qui change tout : angle, pression, sens du poil

Trois paramètres, et un seul compte vraiment : la pression. Un débutant qui tient un angle approximatif mais ne pousse pas s'en sort mieux qu'un débutant qui vise 30 degrés au rapporteur en appuyant.

  1. Tendez la peau avec la main libre. Une peau molle se replie devant le fil et se fait pincer. C'est le geste qui rapporte le plus pour ce qu'il coûte.
  2. Trouvez l'angle : posez le manche à plat contre la joue, puis écartez-le lentement jusqu'à entendre le poil couper. On est autour de 30 degrés. Le bruit est le repère, pas le rapporteur.
  3. Ne poussez pas. La main accompagne, elle ne force pas. Si vous sentez la barre de sécurité s'enfoncer dans la joue, c'est déjà trop.
  4. Premier passage dans le sens du poil, jamais à rebrousse-poil. Sur le cou, où le poil pousse dans plusieurs directions, contentez-vous du sens du poil les premières semaines.
  5. Un seul passage par zone. Il reste du poil ? Remettez du savon et refaites un passage complet plutôt que de gratter la zone à sec.

Le cou est la zone où les débutants se coupent le plus. La peau y est fine, mobile, et le poil y change souvent de sens d'un endroit à l'autre. Beaucoup de gens gardent un rasage « sens du poil uniquement » sur le cou pendant des mois, voire pour toujours.

Peigne fermé ou peigne ouvert : l'agressivité décide de tout

C'est la variable technique qui compte le plus, et la plus mal expliquée. Le peigne, c'est la barre située sous la lame. Fermé, il forme une barre continue qui bride le fil. Ouvert, il est dentelé et laisse passer plus de mousse et de poil long, donc plus de lame aussi.

Type de têteComportementPour qui
Peigne fermé, doux (Merkur 23C, Mühle R89)Coupe lentement, pardonne les erreurs d'angleTout premier rasoir, sans exception
Peigne fermé, plus mordant (Merkur 34C)Tête courte et lourde, plus efficace, moins toléranteAprès quelques semaines, poil dense
Peigne ouvert (dentelé)Coupe plus vite, avale le poil long, mord vite en cas d'erreurBarbe de plusieurs jours, geste déjà acquis
Tête réglable (Merkur Futur, Rockwell T2)Agressivité modifiable par cranCeux qui veulent ajuster après avoir appris
Le piège du peigne ouvert

Il est souvent vendu comme « plus performant ». Sur un débutant, cette performance se traduit surtout en coupures. Commencez fermé et doux : vous pourrez toujours monter en agressivité, l'inverse coûte une tête entière.

Les lames : 3 à 10 centimes, et elles ne se valent pas

C'est ici que se joue l'économie, et une bonne partie du confort. Une lame double tranchant coûte entre 3 et 10 centimes en boîte de 100 pour les références courantes. Une cartouche de rasoir moderne coûte 3 à 4 €. Le rapport est de l'ordre de 1 à 50.

Autre chose que les boutiques disent rarement : le tranchant idéal dépend de votre poil et de votre peau. Une lame très affûtée sur un poil fin irrite. Une lame douce sur un poil dur arrache. Personne ne peut prédire laquelle vous ira, il faut en essayer trois ou quatre.

RéférenceRéputation d'usagePrix indicatif à l'unitéQuand l'essayer
Astra Superior PlatinumTranchant moyen, très tolérante, la plus recommandée aux débutants0,05 à 0,10 €Premier pack de 100
Derby ExtraDouce, mord peu, demande parfois un passage de plus0,03 à 0,07 €Peau qui rougit facilement
Gillette Silver BlueIntermédiaire, plus affûtée qu'une Astra0,08 à 0,15 €Deuxième pack, pour comparer
Feather (Japon)Parmi les plus tranchantes du marché, punit la moindre pression0,25 à 0,40 €Après deux mois, jamais avant
  • Un pack d'essai multi-marques (souvent 5 marques, une dizaine d'euros) évite d'acheter 100 lames qui ne vous conviennent pas.
  • Durée de vie : 5 à 7 rasages en général, moins sur un poil dur. La chute de confort est souvent brutale plutôt que progressive.
  • Signal de changement : ça tire au lieu de couper. Changez, ne persévérez pas, c'est ce qui irrite.
  • Rincez et séchez la tête après chaque rasage : de l'eau laissée sur le fil favorise la corrosion.

Combien ça coûte vraiment sur 5 ans

Voici le calcul, hypothèses posées : trois rasages par semaine, soit environ 150 par an, une lame à 0,10 € tous les 6 rasages, une cartouche à 3,50 € tous les 6 rasages. Le manche de rasoir de sûreté retenu est un Merkur 23C à 39 €.

PosteRasoir de sûretéRasoir à cartouches
Achat du manche39 € une foisEnviron 10 €, remplacé rarement
Coût du consommable par rasageEnviron 0,02 €Environ 0,58 €
Consommable sur 5 ansEnviron 13 € (125 lames)Environ 438 € (125 cartouches)
Total sur 5 ansEnviron 52 €Environ 448 €
Point mortEnviron 70 rasages, soit 5 moisAucun manche coûteux à amortir

L'écart tourne donc autour de 400 € sur 5 ans, et il approche 1 000 € pour un rasage quotidien : environ 70 € contre environ 1 075 €. Le manche est amorti en moins de six mois, même en partant sur un modèle à 39 € plutôt que sur un Lord à 6,99 €.

Ce que le calcul ne dit pas

Ces chiffres supposent que vous tenez la courbe d'apprentissage. Un rasoir à 39 € abandonné au bout de trois semaines coûte 39 € et n'économise rien. C'est un pari sur votre patience, pas sur le prix des lames.

Le déchet : la lame usée ne va jamais en vrac à la poubelle

Sécurité : boîte à lames obligatoire

Une lame jetée en vrac dans un sac poubelle expose les éboueurs et les agents de tri à des coupures. C'est un risque connu et évitable. Toute lame usée va dans un contenant métallique fermé, jamais directement dans la poubelle, jamais dans le bac de tri en vrac, jamais dans les toilettes.

C'est le seul point du rasage de sûreté qui n'admet aucun arrangement. Une lame double tranchant pèse environ 1 g et reste tranchante longtemps après son dernier rasage. Le reste du bilan déchet est bon, précisément parce que la lame est du métal seul.

  • La lame est en acier, sans plastique assemblé : elle se recycle comme un métal, contrairement à une cartouche qui mêle acier, plastique et caoutchouc de façon inséparable.
  • Boîte à lames : une petite boîte en acier avec une fente, à quelques euros. On y glisse les lames pendant des années, puis on dépose la boîte entière fermée en déchèterie, rayon métaux.
  • Solution maison : une boîte de conserve rincée avec une fente au cutter dans le couvercle, refermée au ruban adhésif une fois pleine. Même principe.
  • Sur 5 ans, à trois rasages par semaine : de l'ordre de 125 g d'acier recyclable, contre à peu près 1 kg de cartouches composites qui, elles, ne se trient pas.
  • Renseignez-vous auprès de votre déchèterie avant de déposer : certaines demandent un contenant rigide identifié, d'autres orientent vers les collecteurs d'objets coupants.

Les inconvénients francs

La question « quels sont les inconvénients du rasoir de sûreté » revient sans arrêt, et les pages de vente y répondent en trois lignes molles. Voici la liste sans filtre.

  • C'est lent. Comptez 8 à 12 minutes au début contre 3 minutes en cartouches, et 5 à 7 minutes une fois le geste acquis. À chaque rasage, sans exception.
  • Ça s'apprend. Deux à trois semaines de rasages imparfaits, avec des coupures les premiers jours. Il n'existe pas de raccourci.
  • Aucun pardon sur les reliefs. Menton, sous le nez, arête de la mâchoire : pas de tête pivotante pour compenser, c'est le poignet qui travaille.
  • Interdit en cabine d'avion. La lame double tranchant est un objet tranchant prohibé en bagage à main. Le manche seul passe, la lame doit voyager en soute ou rester à la maison.
  • Le rasage express n'existe pas. Se raser vite et mal, en cartouches, ça donne un rasage moyen. En sûreté, ça donne du sang.
  • Il faut chercher sa lame. Trois ou quatre marques à essayer avant de trouver la bonne, soit un mois de tâtonnement supplémentaire.
Voyage : le réflexe à prendre

Avant tout vol, sortez la lame du rasoir et laissez-la dans sa boîte à lames à la maison. Une lame oubliée dans la tête d'un rasoir en trousse de toilette, c'est le contrôle bloqué et l'objet confisqué. Le manche démonté ne pose pas de problème.

Qui devrait s'abstenir

Le rasoir de sûreté n'est pas un progrès pour tout le monde. Quatre profils ont de bonnes raisons de rester sur autre chose, et ce n'est pas un manque de volonté.

  • Peau très réactive ou sujette aux poils incarnés. La lame unique aide souvent, mais si votre peau réagit à tout, l'apprentissage se paie en irritations pendant des semaines. Demandez plutôt l'avis d'un dermatologue avant de changer de méthode.
  • Barbe de trois jours à entretenir vite le matin. Le rasoir de sûreté n'aime pas les poils longs et n'aime pas la précipitation. Une tondeuse fait ce travail mieux et sans risque.
  • Main qui tremble. Tremblement essentiel, séquelles neurologiques, force de préhension diminuée : une lame nue à 30 degrés demande une main stable. Ce n'est pas négociable.
  • Adolescent qui débute le rasage. Apprendre le geste et découvrir sa peau en même temps, avec une lame nue, fait beaucoup d'un coup.

Pour les deux derniers cas, une piste intermédiaire existe : un rasoir à manche métallique et cartouches rechargeables réduit déjà le plastique sans exiger la technique de la lame nue. Le gain déchet est moindre, il n'est pas nul.

Quel rasoir de sûreté pour commencer

La réponse tient en une phrase : un peigne fermé, doux, à manche long, entre 25 et 40 €. Le reste relève du goût. Les modèles réglables et les peignes ouverts viennent après, quand vous saurez ce qui vous manque.

CritèreÀ privilégier pour un premier rasoirPourquoi
Type de peigneFerméBride le fil, tolère les erreurs d'angle
Longueur du mancheLongue (8 à 10 cm)Meilleure prise en main quand on débute, moins de crispation
Poids60 à 100 gAssez lourd pour couper seul, ce qui dissuade d'appuyer
GripManche moleté ou en résineLe chrome lisse glisse dès qu'il est mouillé et savonné
Budget25 à 40 €, plus 10 € de lamesAmorti en environ 5 mois face aux cartouches

Une précaution avant d'acheter : vérifiez si des lames sont incluses. Plusieurs références sont vendues manche seul, ce qui surprend à la livraison. Une boîte de 100 Astra coûte environ 10 € et couvre près de quatre ans à trois rasages par semaine.

Les produits qui servent vraiment

Merkur 23C, manche long chromé
Merkur 23C, manche long chromé4,5/5 · 6000 avis39,00 €Voir sur AmazonLe modèle d'entrée le plus courant en peigne fermé : manche long, tête douce qui pardonne l'angle approximatif des premières semaines. 39 €, noté 4,5/5 sur environ 6 000 avis. Son défaut : Léger pour un rasoir en métal, ce qui pousse justement le débutant à compenser en appuyant. Le chrome lisse glisse dès qu'il est savonné.
Mühle R89, peigne fermé chromé
Mühle R89, peigne fermé chromé4,6/5 · 3400 avis37,17 €Voir sur AmazonPeigne fermé doux, la note la plus haute des modèles à gros volume d'avis : 4,6/5 sur environ 3 400 votes. 37,17 €, livré avec une lame d'échantillon pour un premier rasage immédiat. Son défaut : Une seule lame fournie : il faut commander un pack dans la foulée. Manche chromé lisse, même reproche de prise en main que le 23C.
Edwin Jagger DE86, manche résine noire
Edwin Jagger DE86, manche résine noire4,3/5 · 15100 avis27,16 €Voir sur AmazonLe manche en résine accroche mieux que le chrome quand les mains sont savonnées, ce qui compte les premières semaines. 27,16 €, le plus commenté du lot avec environ 15 100 votes. Son défaut : 4,3/5, la note la plus basse des modèles doux de cette sélection. Tête très peu agressive : sur un poil dur, il faut plusieurs passages.
Merkur 34C, manche court et lourd
Merkur 34C, manche court et lourd4,7/5 · 144 avis48,90 €Voir sur AmazonPeigne fermé mais tête plus mordante, manche court et lourd qui fait le travail sans pression. 48,90 €, meilleure note du lot à 4,7/5. Le bon deuxième rasoir, ou le premier d'une main déjà sûre. Son défaut : Le manche court (environ 7 cm) demande une prise en main à laquelle personne n'est habitué en venant d'une cartouche. 48,90 €, le plus cher des non réglables ici.
Lord S 625-1
Lord S 625-14,1/5 · 790 avis6,99 €Voir sur Amazon6,99 €, soit le ticket d'entrée le moins cher pour savoir si le rasage de sûreté vous convient avant de mettre 40 €. Amorti en une quinzaine de rasages face aux cartouches. Son défaut : 4,1/5, la note la plus basse de la sélection. Fabrication d'entrée de gamme : on teste une pratique avec, on ne garde pas l'objet dix ans.
Kanzy rasoir papillon, or rose
Kanzy rasoir papillon, or rose4,3/5 · 12300 avis16,99 €Voir sur AmazonOuverture papillon : on dévisse le manche, la tête s'ouvre et la lame se change sans démonter trois pièces mouillées. 16,99 €, 4,3/5 sur environ 12 300 votes. Pensé pour le visage et le corps. Son défaut : Rasoir léger : sur un poil de barbe dense, il faudra plusieurs passages. Le mécanisme papillon a plus de pièces mobiles qu'une tête à visser.
Merkur Futur, tête réglable
Merkur Futur, tête réglable4,5/5 · 1300 avis66,45 €Voir sur AmazonAgressivité réglable par cran : on monte ou on baisse le mordant de la lame sans changer de tête. Rasoir lourd en laiton chromé, ce qui aide à ne pas appuyer. 66,45 €, 4,5/5 sur environ 1 300 votes. Son défaut : Ce n'est pas un rasoir de débutant : monté haut, il coupe vite et pardonne peu. 66,45 €, soit 70 % de plus qu'un 23C, pour un réglage inutile le premier mois.
Rockwell T2 réglable, ouverture papillon
Rockwell T2 réglable, ouverture papillon4,5/5 · 261 avis149,90 €Voir sur AmazonRéglable et à ouverture papillon d'un quart de tour : on ajuste l'agressivité à mesure que le geste progresse, sans racheter de tête. 4,5/5 sur environ 261 votes. Son défaut : 149,90 €, soit près de quatre fois le prix d'un Merkur 23C. Le budget d'un rasoir plus trois ans de lames, pour un confort qui ne remplace pas la technique.
Nos sources

Article rédigé à partir des fiches produits Amazon (prix et notes relevés à la date de publication, ils bougent), des consignes de sécurité publiques sur les objets tranchants et des pratiques documentées du rasage traditionnel ; nous ne testons ni n'achetons aucun produit. Notre angle mort : le confort d'un rasoir dépend de votre poil et de votre peau, aucun classement ne peut le prédire, et les prix de lames indiqués sont des ordres de grandeur du marché, pas des relevés.

Questions fréquentes

Pourquoi utiliser un rasoir de sûreté ?
Trois raisons, dans cet ordre de solidité. Le coût d'abord : une lame vaut 3 à 10 centimes contre 3 à 4 € une cartouche, ce qui représente environ 400 € d'écart sur 5 ans à trois rasages par semaine. Le déchet ensuite : la lame est en acier seul, donc recyclable comme un métal, là où une cartouche mêle plastique, acier et caoutchouc de façon inséparable. Le confort enfin, mais c'est le plus incertain : l'explication couramment avancée est qu'une lame unique tire moins le poil sous la peau que trois ou cinq lames à la suite, ce qui limiterait les poils incarnés. Rien ne le garantit sur votre peau. En contrepartie il faut accepter deux à trois semaines d'apprentissage et un rasage qui prend 5 à 10 minutes au lieu de 3.
Qu'est-ce qu'un rasoir de sûreté exactement ?
Un manche en métal, une tête qui se dévisse, et une lame double tranchant d'environ 4 cm serrée entre deux plaques. Le nom remonte à la fin du XIXe siècle, par opposition au coupe-chou dont la lame est entièrement nue : ici, une barre de sécurité limite la portion de fil qui touche la peau. Un seul tranchant travaille à la fois, sans tête pivotante ni bande lubrifiante. Les lames sont standardisées : un manche Merkur accepte une lame Astra, Derby, Feather ou Gillette indifféremment, ce qui vous rend indépendant d'une marque. La tête existe en peigne fermé (barre continue, doux) ou peigne ouvert (dentelé, plus mordant). « Sûreté » reste relatif : c'est plus tolérant qu'un coupe-chou, jamais autant qu'une cartouche.
Quels sont les inconvénients du rasoir de sûreté ?
C'est lent : 8 à 12 minutes au début, 5 à 7 minutes une fois le geste acquis, contre 3 minutes en cartouches. Ça s'apprend : deux à trois semaines de rasages imparfaits, avec des coupures les premiers jours, sans raccourci possible. Il n'y a pas de tête pivotante, donc le menton, le dessous du nez et l'arête de la mâchoire demandent du poignet. La lame double tranchant est interdite en bagage cabine, il faut la sortir du rasoir avant tout vol. Le rasage express n'existe pas : se dépêcher se paie en sang, pas en approximation. Enfin il faut essayer trois ou quatre marques de lames avant de trouver celle qui convient à votre poil, soit un mois de tâtonnement de plus.
Pourquoi mon rasoir de sûreté me coupe alors qu'il est neuf ?
Presque toujours parce que vous appuyez. Le réflexe vient des cartouches, où la pression est sans conséquence grâce à la tête pivotante. Ici, le rasoir pèse déjà 60 à 100 g et ce poids suffit à couper le poil : dès que le bras ajoute de la force, la barre de sécurité ne bride plus le fil et celui-ci mord la peau. La deuxième cause est l'angle : manche collé au visage, la lame gratte au lieu de couper. Écartez-le jusqu'à entendre le poil se sectionner, soit environ 30 degrés. La troisième est le repassage au même endroit sur une peau désavonnée. Un seul passage par zone, on remet du savon si nécessaire. Aucune de ces trois causes n'est un défaut du rasoir.
Quel est le meilleur rasoir de sûreté pour débuter ?
Le critère décisif n'est pas la marque, c'est l'agressivité : il faut un peigne fermé, doux, à manche long, entre 25 et 40 €. Le Merkur 23C (39 €, 4,5/5 sur environ 6 000 avis) et le Mühle R89 (37,17 €, 4,6/5 sur environ 3 400 votes) cochent ces cases. L'Edwin Jagger DE86 à 27,16 € a l'avantage d'un manche en résine qui glisse moins que le chrome quand les mains sont savonnées. Pour tester la pratique sans engagement, un Lord S 625-1 à 6,99 € fait le travail, même s'il est noté 4,1/5. À éviter en premier achat : les peignes ouverts et les modèles réglables comme le Merkur Futur ou le Rockwell T2, qui punissent les erreurs de geste.
Que faire des lames de rasoir usées ?
Jamais en vrac dans la poubelle ni dans le bac de tri : une lame libre dans un sac expose les éboueurs et les agents de centre de tri à des coupures. C'est un risque réel et évitable, et c'est le seul point du rasage de sûreté qui n'admet aucun arrangement. Utilisez une boîte à lames, un petit contenant en acier à fente qui coûte quelques euros et se remplit pendant des années. Une boîte de conserve rincée avec une fente au cutter dans le couvercle fait la même chose, refermée au ruban adhésif une fois pleine. Une fois pleine, la boîte fermée va en déchèterie au rayon métaux : la lame est en acier seul, donc recyclable comme un métal. Vérifiez les consignes de votre déchèterie, certaines orientent vers les collecteurs d'objets coupants.
Quelle lame choisir pour un rasoir de sûreté ?
Commencez par une Astra Superior Platinum : tranchant moyen, tolérante, environ 0,05 à 0,10 € l'unité en boîte de 100. Une Derby Extra est plus douce encore (0,03 à 0,07 €) et convient aux peaux qui rougissent, au prix d'un passage supplémentaire parfois. Les Feather japonaises comptent parmi les plus tranchantes du marché (0,25 à 0,40 €) et punissent la moindre pression : ne les touchez pas avant deux mois de pratique. Sachez qu'il n'existe pas de meilleure lame dans l'absolu, le résultat dépend de la dureté de votre poil et de votre peau. Un pack d'essai multi-marques à une dizaine d'euros évite d'acheter 100 lames inadaptées. Une lame tient 5 à 7 rasages : dès qu'elle tire au lieu de couper, changez-la.
Peut-on emporter un rasoir de sûreté en avion ?
Le manche oui, la lame non. Les lames double tranchant sont classées objets tranchants prohibés en bagage à main dans l'Union européenne, et un rasoir de sûreté avec sa lame en place risque d'être refusé au contrôle puis confisqué. Deux options : voyager avec le manche seul et acheter des lames sur place, ou placer les lames en bagage de soute dans leur emballage d'origine ou dans un étui rigide. Prenez le réflexe de démonter la tête et de laisser la lame dans la boîte à lames avant chaque départ, c'est l'oubli classique. En cas de doute sur un vol hors UE, la réglementation de la compagnie et de l'aéroport de départ prime : vérifiez sur leur site avant de partir.
En combien de temps le rasoir de sûreté est-il rentabilisé ?
Autour de 70 rasages, soit environ 5 mois à trois rasages par semaine, pour un manche à 39 €. Le calcul : une cartouche à 3,50 € qui tient 6 rasages revient à environ 0,58 € par rasage, contre environ 0,02 € pour une lame à 0,10 € qui tient 5 à 6 rasages. L'écart par rasage est d'environ 0,56 €, donc 39 € divisés par 0,56 donnent environ 70 rasages. Sur 5 ans le total ressort autour de 52 € contre environ 448 € en cartouches, soit près de 400 € d'écart. Pour un rasage quotidien, comptez environ 70 € contre environ 1 075 €, soit près de 1 000 € d'écart. Ces chiffres supposent que vous tenez l'apprentissage : un rasoir abandonné au bout de trois semaines coûte 39 € et n'économise rien.

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